Vaccination
La prévention est le pilier principal de la démarche visant à diminuer le recours aux antibiotiques. En filière aviaire, la prophylaxie médicale repose sur un bon programme de vaccinations contre certaines maladies contagieuses qui correspond à l'épidémiologie propre à chaque pays ou région. La vaccination demeure le moyen indispensable pour contrôler et contenir les principales maladies virales et bactériennes et d'augmenter la résistance spécifique des volailles. Mais sans une approche environnementale, globale et systématique, sans une stratégie planifiée, les résultats de la désinfection et de la vaccination, aussi excellents qu'ils puissent être ne sont une panacée. Les vaccins tiennent une place très importante parmi les outils de prévention en aviculture, les mécanismes d'induction de la réponse immunitaire ne sont pas les mêmes par exemple les vaccins vivants seront plus adaptés pour induire une réponse de court terme et mucosale alors que les vaccins inactivés induisent une réponse générale et souvent de plus longue durée, notamment chez les futurs reproducteurs.En Algérie, pour l'élevage de poulet de chair, la vaccination est préconisée contre la maladie de New castle , Gumboro et la Bronchite infectieuse.
Les différentes voies de vaccination sont :
1-Eau de boisson : Pour l'espèce Gallus, un certains nombre de vaccins sont administrés de façon collective par eau de boisson, cette méthode de vaccination est la plus utilisée dans nos élevages mais elle ne peut s'appliquer que pour des volailles de plus de 4 jours d'âge, en raison de la trop grande variabilité de la consommation d'eau pendant les premiers jours de la vie. plusieurs critères sont pris en considération notamment :
-La qualité de l'eau
* Il faut s'assurer d'un bon nettoyage des canalisations, surtout après des traitements antibiotiques ou vitaminiques. Le recours à la vaccination dans l'eau de boisson se fait qu'au minimum 3 jours après la fin d'un nettoyage des canalisations ;
* Contrôler la propreté et le bon fonctionnement de chaque abreuvoir ou pipette ;
* Assoiffer les volailles pendant ½ heure à 1h30 avant la distribution de la solution vaccinale, de préférence aux heures fraîches de la matinée ;
* Vidanger complètement l'ensemble du circuit d'eau (canalisations et certains modèles de pipettes) ;
* Multiplier le nombre d'abreuvoirs pour que les oiseaux aient l’accès facile.
* Prévoir une quantité d'eau de bonne qualité et suffisante pour être bue en 2 heures environ. Si elle est bue en moins d'une heure, certaines volailles n'auront pas accès à la solution vaccinale. Au-delà de 2 à 3h, la stabilité du vaccin n'est plus certaine. La quantité à prévoir pour ces 2 heures correspond à environ 1/7 du volume d'eau consommé la veille par le troupeau. Pour 1000 poulets, le nombre de litres nécessaires équivaut au minimum à leur âge en jours Exemple : au minimum 20l d'eau pour 1000 poules de 20 jours d'âge.
*Dissoudre 25g de poudre de lait par litre d'eau. Pour éviter la formation de grumeaux qui pourraient boucher les tuyauteries, procéder en 3 temps : préparer une petite quantité de solution concentrée ; puis la mélanger (à l'aide d'un agitateur en plastique) à la quantité d'eau prévue pour la vaccination.
*Dissoudre ensuite dans un petit volume d'eau minérale du commerce (ou de l'eau distillée) le nombre de doses correspondant au moins au nombre de sujets à vacciner, quel que soit leur âge. Bien mélanger (avec un agitateur en plastique) cette solution vaccinale à l'eau laiteuse précédemment préparée.
* Remplir les abreuvoirs avec des arrosoirs en plastique ou ouvrir le circuit de distribution d'eau.
* Circuler lentement dans le bâtiment (surtout dans les coins) et s'assurer que toutes les volailles boivent de la solution vaccinale, en particulier les plus chétives.
* Quand toute la solution vaccinale est bue, remplir le bac à son niveau maximum avec une eau non chlorée et dépourvue de tout désinfectant. Si nécessaire, neutraliser le chlore en y mélangeant à nouveau 2,5g de poudre de lait écrémé par litre d'eau. Enfin, ouvrir le robinet d'arrivée d'eau( ITAVI, 2003).
2- Vaccination par pulvérisation : Cette technique de vaccination consiste à pulvériser une solution vaccinale (contenant un nombre suffisant de particules virales vivantes) sous forme de gouttelettes qui entrent en contact avec les muqueuses de l'œil et de l'appareil respiratoire pour que le virus vaccinal se multiplie. La réponse immunitaire sera d'abord locale puis générale. Cette technique est indiquée pour les virus à tropisme respiratoire .La pulvérisation est donc particulièrement indiquée pour la vaccination avec des virus peu agressifs. Elle peut être utilisée pour la vaccination contre la Laryngotrachéite. Selon la taille des gouttelettes émises par l'appareil de pulvérisation, on parlera de :
- nébulisation (ou « Coarse spray ») avec des gouttes de 70 à 150µ
- atomisation (ou « fine spray ») avec des gouttelettes de 15 à 20µ (Anonyme 3)
3- instillation oculo-nasale : Cette technique de vaccination consiste à déposer une goutte de suspension vaccinale sur le globe oculaire ou le conduit nasal à l'aide d'un compte gouttes calibré. Cette vaccination permet de développer une immunité locale et générale, grâce à la glande de Harder qui est située juste en arrière de la troisième paupière, elle est obligatoirement indiquée pour le vaccin de la Laryngo-trachéite infectieuse.
- La technique de la vaccination consiste à éviter tout contact avec les muqueuses en tenant le flacon verticalement.
- Utiliser un diluant coloré pour mieux visualiser la bonne administration de la solution vaccinale.
- Déposer une seule goutte sur le globe oculaire, attendre obligatoirement sa diffusion.
- Respecter la durée maximale d'utilisation du vaccin après sa mise en solution (1 heure)
4- Trempage du bec : Cette technique est utilisée sur des poussins de moins d'une semaine d'âge, elle consiste à tremper le bec jusqu'aux narines afin de faire pénétrer la solution vaccinale dans les conduits nasaux. Cette vaccination est préconisée contre la maladie de Gumboro et la New castle pendant la première semaine de vie.
5-Transfixion alaire et scarification : Cette méthode est réservée à la vaccination contre la variole aviaire, elle s'applique sur la membrane alaire à l'aide d'une double aiguille cannelée. Il faut respecter le temps d'utilisation de la préparation vaccinale (moins d'une heure).
6- Injection in ovo : Cette technique consiste en l'injection d'un vaccin vivant (Marek, Gumboro,...) au niveau de l'œuf embryonné au moment du transfert des œufs de l'incubateur à l'éclosoir (18ème jour d'incubation).
7-Injection intramusculaire et sous cutanée :
Dans ce type de vaccination il faut toujours veiller à l'utilisation d'un matériel d'injection stérile (changer d'aiguille au minimum toutes les 500 injections) et la longueur d'aiguille adaptée à l'âge des sujets à faire vacciner. Privilégier la région de la base du cou des oiseaux pour la vaccination par voie sous-cutanée et au niveau des muscles du bréchet pour la vaccination en intramusculaire (Sauveur, 1991 ; Léon,2015).
Attention :
Une mauvaise méthodologie d'administration est la première cause d'échec vaccinal
Remarque :
Tout vaccin avicole doit cependant posséder deux qualités indispensables que sont le faible prix de revient et la facilité d'administration.






